"Au moment où je t’ai écrit cette
lettre tu ne me connaissais pas encore.
Un premier point commun: je ne te
connaissais pas non plus. J’espérais uniquement et peu sereinement notre
rencontre, notre réveil.
J’ai alors décidé de t’écrire ces
quelques lignes à la fois si ridicules et si lucides pour que tu puisses
comprendre maintenant quel type de justification vitale tu représentes pour
moi. J’ai toujours su que tu finirais par lire ce
témoignage anticipé et que je t’identifierais immédiatement
comme sa légitime lectrice.
Je n’ai pas conçu cette lettre comme
un instrument d’espoir. C’était simplement la seule manière d’établir, depuis le passé, un contact précédant nos premiers regards et nos
premières paroles. Mon objectif était plus d’embellir notre histoire que de
glorifier le futur, en te prouvant qu’avant même de nous voir pour la première
fois, quelque chose nous unissait déjà. Je pensais déjà
à toi, je t’écrivais déjà d’insipides mots et j’attendais déjà, en frémissant,
ta réaction. Tu vois, rien n’a changé.
Tu n’as jamais été pour moi une destinataire imaginaire. Tes yeux qui
parcourent mes lignes sont aussi réels que l’encre qui les a tracées et seront
les seuls, avec les miens, à cheminer entre elles. Aucune autre n’a fait, ou ne
fera, ce que tu es en train de faire. Si tu n’existais pas, cette lettre
n’aurait jamais été écrite. Une simple question de temps, le sublime moment où
j’ai pu te la remettre.
Alors que je m’adressais à toi, d’une manière encore timide dans ce
cinquième paragraphe, je pressentais de plus en plus la magie de ce que nous
allions partager. Le futur, ou autrement dit “notre présent”, allait
effectivement confirmer ce que mon intuition, reconvertie en un intense besoin
de t’écrire, me laissait prodigieusement soupçonner: la tendre complicité qui
nous unirait à la mer chaque fois que nous irions lui rendre visite, les
rafraîchissantes caresses du vent qui n’oublierait jamais de nous saluer, l’œil
lumineux du soleil qui s’ouvrirait pour contempler notre bonheur et se
fermerait pour créer une intimité si enviée, la beauté d’un ciel bleu qui
jamais ne se fâcherait, la majestueuse nature disposée à magnifier sans limite
notre belle union, en réalité tout un monde de privilèges qui nous rendrait
perpétuellement hommage et que nous remercierions en ne dédaignant aucun de ses
bons gestes.
Je ne pouvais pas encore mesurer totalement la grandeur de ce qui nous attendait et
préférais me réserver quelques révélations miraculeuses à savourer à tes côtés.
Tu es bien sûr la mieux placée pour savoir que celles-ci ne se sont pas
fait attendre et que certainement d’autres, encore plus transcendantales,
viendront jalonner notre extase.
Mes certitudes à ton sujet ne m’ont jamais effrayé. Leurs adversaires sont mort-nés. Nombreux sont ceux qui pensent
que notre harmonie absolue est une farce. La lecture de cette lettre leur
démontrerait le contraire mais celle-ci constitue l'un des privilèges dont je
t'ai parlé ci-dessus et auxquels ils n’auront jamais accès.
J’espère que nous n’avons pas laissé beaucoup de temps s’écouler entre mon
écriture et ta lecture, notre première rencontre.
C’est notre lettre, pour toujours.
À tout de suite..."
Le
figurant
Il s’agit d’une lettre qu’écrit quelqu’un à une personne qu’il connaissait déjà (et d’une certaine manière qu’il ne connaissait pas encore) dix ans auparavant.
RépondreSupprimerCela pourrait faire référence à ce type d’histoires où une personne en voit une autre par hasard et l’observe. Plus tard elles se rencontrent et se connaissent.
Une possible interprétation est qu’il s’agisse d’une lettre qu’écrit quelqu’un à une personne qui n’existe plus, mais qui existe quand même encore chaque jour dans son esprit comme si rien ne s’était passé.
‘Rien n’a changé’ pourrait être une métaphore de cette pensée éternelle.
L’énumeration des souvenirs sont des images qui existent encore et qui se sont vivifiées dans sa tête. L’histoire serait donc une manière de communiquer avec elle.
Une autre possible interprétation pourrait être qu’il s’agisse d’une histoire qui se déroule plus littéralement, telle qu’elle est décrite, pour faire réference à une histoire récente, en ajoutant que la connaissance de l’autre remonte dix ans avant.
J’imagine que si l’on avait plus d’information sur la personne qui a écrit ce texte les interprétations pourraient être plus variées: s’il s’agit d’un texte original ou non, d’un fait réel ou non, s’il y a une intention constructive cachée ou non.
Par exemple, cela pourrait se comprendre comme une description d’un type de principes qui surpassent d’autres types d’amour plus jeunes, qui ne connaissent pas la dureté de perdre des personnes aimées ni ce que le fait d’avoir des enfants peut signifier, ni peut-être ce qu’entraîne la dureté des circonstances.
Arielle